La Tour de Vidalos

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La Tour de Vidalos


AGOS-VIDALOS

La célébrité du lieu vient de sa tour rectangulaire que l’on aperçoit de la route, à gauche, perchée sur la colline (verrou glaciaire), en venant de Lourdes. Cette tour de 18 m de haut et de 6 mètres de côté est le dernier vestige d’un château construit en 1175 par le comte de Bigorre Centulle III (dit Centot), pour défendre la vallée des incursions incessantes des pillards aragonais, basques ou navarrais. Il fut racheté au XIIIe siècle par Pétronille (Peyrona), comtesse de Bigorre qui le consolida, tandis que son petit-fils et héritier Esquivat de Chabanais favorisa l’arrivée de nouveaux paysans par des avantages fiscaux.


On peut atteindre la plate-forme supérieure de la tour par un escalier métallique . Les murs sont assez épais (plus d'1m50), et les pièces des deux étages sont assez exigues. Les pièces des deux étages sont pourvues de petites ouvertures (archères), tandis que le rez-de-chaussée est aveugle. L'ensemble devait autrefois être entouré d'une palissade en bois qui a disparu, ne laissant que la motte et la tour.


Elle a été en partie reconstruite de 1992 à 1997, après son effondrement en 1981, grâce à l’action énergique d’une association de sauvegarde. Très belle initiative, mais il est à regretter que son aménagement, pour la visite libre du public, ait dénaturé quelque peu son architecture : l’entrée médiévale se faisait à 6 mètres de haut et non par une brèche au rez-de-chaussée ; ce niveau bas était un cul de basse-fosse (remise ou prison). La toiture n’était pas en terrasse, mais interne, à double pente, avec un écoulement des eaux à travers les murs grâce à une série de trous (comme à la tour-porte de l’église de Luz). Cette tour était complétée par une enceinte, entièrement reconstruite en 1997 et quelques bâtiments rasés depuis fort longtemps. La commune en est aujourd’hui propriétaire.

Très belle vue sur la vallée.


Victor Hugo } de passage dans la région en 1843, en a sorti un ouvrage intitulé Voyage dans les Pyrénées (1). Il y écrit entre autres … Chaque articulation des vallées avait son château qui apercevait les deux châteaux des deux vallées voisines et correspondait avec eux par des feux […]

Le donjon de Lourdes voyait les trois tourelles du château de Pau (2) qui apercevait la tour carrée de Vidalos, laquelle pouvait communiquer par des signaux avec l’antique Castrum Emihanum bâti par les Romains et relevé par Charlemagne sur la colline de Saint-Savin, qui se rattachait à travers les montagnes à la forteresse féodale de Beaucens. Les signaux s’enfonçaient ainsi de tour en tour de la vallée de Luz jusqu’au château de Sainte Marie dans la vallée de Gavarnie jusqu’à la citadelle des Templiers (3). Les châtelains des Pyrénées comme les burgraves du Rhin s’avertissaient les uns les autres. En quelques heures les baillages étaient sur pied, la montagne était en feu. »


Il faut retenir de cette description un peu romancée que des feux sur les différentes tours des vallées jusqu’à Lourdes pouvaient prévenir en un temps très court, les invasions venant du Sud comme du Nord. Mon regretté ami Pierre Pène, avait à une époque envisagé de refaire l’expérience à partir de plusieurs tours. J’ignore ce qu’est devenu le projet.


(1) Edité en 1910

(2) Exagération bien romantique. Il est peu probable que de la tour de Vidalos ou de Lourdes on pouvait apercevoir des feux venant du château de Pau

(3) J’imagine qu’il veut parler de l’ « hospitalet » des chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean- de- Jérusalem (Ordre de Malte) édifié dans un creux et qui a mon avis ne devait pas être bien visible des autres forteresses aux alentours. A vérifier.


Source : Les archives secrètes de Lourdes , Jean Omnès, éditions Privé, 2008, p. 278

 

Jean Omnès

Commentaires 

 
#1 Pérus Jean-Pierre 07-04-2012 19:58
Merci de vos éclaircissements sur la Tour ( sic).
Mais pourquoi ne pas y adjoindre une photo?
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