Lourdes : La Tour du Moulin

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La Tour du Moulin



Tour_du_Moulin_vers_1900Cette tour médiévale d’un des rares moulins fortifiés de la chaîne des Pyrénées est depuis plus d’une cinquantaine d’année entourée par un hôtel qui a pris la place de l’ancien moulin comtal. Peu visible de l’extérieur et peu connu des Lourdais, elle n’en n’est pas moins une figure emblématique du Lourdes médiéval. Mentionnée dans plusieurs guides dont le guide Pays de Lourdes chez Pyrémonde, page 143 et plus récemment sur celui édité par Atlantica, Lourdes et son pays On peut y lire « Pour les fans d’insolite, citons une bien curieuse ruine, la Tour du moulin : bd du Lapacca, en face de la piscine municipale de plein air. Construite au Moyen Age, pratiquement à l’extérieur de la ville, elle se niche dans un creux au bord d’un ruisseau (2), le Lapacca, contre un moulin, devenu chocolaterie Mazuel. Nous ignorons son histoire. D’après un plan ancien, il s’agirait de la tour de la Coustète. Comme c’est une propriété privée et qu’elle est relativement cachée, peu d’érudits se sont penchés sur son histoire. Nous en saurons peut-être plus dans le prochain guide, sur ce probable moulin fortifié. »
Elle est également mentionnée à plusieurs reprises dans le livre Les Maires de Lourdes rédigé par la municipalité, à partir d’archives municipales, aux éditions Atlantica.

Objet de tractations immobilières s’inscrivant dans un programme de résidence seniors, elle devait être démolie. Elle doit sa survie grâce à différentes interventions en décembre 2010, auprès de l’ABF et de la Drac, par quelques défenseurs du patrimoine. Sa rénovation et sa mise en valeur ne sont pas pour l’instant à l’ordre du jour. On peut retenir que le site a de tout temps été occupé par un moulin. Un ancien architecte de la vill,e Seyrès, a découvert en 1932, une meule romaine plus en amont, vers le cimetière.

De ce moulin comtal, le propriétaire actuel possède une charte d’affièvement en date de 1270. Une copie a été réalisée par un local et retranscrite tant bien que mal sur l’une des revues des Amis du Vieux Lourdes. Nous avons, avec ce document de seconde main, tenté de le traduire du bigourdan médiéval en français.

CHARTE D AFFIEVEMENT DU MOULIN DE PRUEDE
Que ce soit chose connue de tous ceux qui verront ou entendront [lire] ce contrat que Monseigneur Esquivat, par la grâce de Dieu Comte de Bigorre et Seigneur de Chabannais, ni forcé, ni contraint, ni trompé par aucune personne, mais de sa propre et agréable volonté pour [??] a donné en fief, en toute liberté, le moulin qui est à Lourdes devant le château et sous le ruisseau du Lapaca, près de Peyrotonis [??] pour dix sous morlaas de fief, chaque année à la Toussaint, et pour mille sous morlaas de droit d’entrée que le dit Pierre a payés, de telle sorte qu’il se déclare bien payé des dits mille sous d’entrée et des dix sous de fief annuel. [Cela ressemble fort à une vente, le prix de 1000 sous étant considérable, cent ans de droit annuel d’exploitation], à Pierre de Pruede et à son commandement [semble signifier le droit d’en disposer, entre vifs ou par testament].
Lequel moulin avec l’eau et avec le canal qu’il a et doit avoir en aval et en amont et avec tous les curages qu’il a et doit avoir et avec toute l’eau nécessaire depuis le lit du cours d’eau jusqu’au canal d’amenée et qu’il puisse la faire arriver ou l’arrêter comme selon l’usage sans que nul ne puisse s’y opposer, avec tous les droits qu’il a et doit avoir comme Monseigneur le comte Esquivat susdit les avait le jour où il l’a donné à fief, etc.
Sont témoins de cet acte, Raymond Gassie de Lavedan, Auger d’Abillac, seigneurs, François Layre, Seuras, gardes de Lourdes, et Trescens et Boyrie, citoyens de Lourdes, et moi Biclarraba, notaire juré de Tarbes, avec l’accord des deux parties présentes, j’ai écrit cette charte et y ai apposé ma signature.
[En latin] Fait à Lourdes, l’an du Seigneur 1270, le comte Esquivat de Chabannais régnant et R.A. de Coarase étant évêque.


 

Jean Omnès