Le Gouffre du Béout

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Le Gouffre du Béout




" Au sommet du Béout, visitez le gouffre de Lourdes- La plus prodigieuse découverte sur les hommes des temps les plus reculés- Pièces préhistoriques rappelant la vie des premiers hommes des cavernes - Des restes impressionnants d’animaux disparus - Des ossements soudés à la roche-Gouffre de 82 mètres de profondeur, avec un chaos merveilleux de rochers - Draperies de cristaux de l’époque glaciaire – Salles majestueuses et féériques – Accès facile au gouffre, même pour les personnes âgées et les enfants – Eclairages spéciaux – Guides – Ne quittez pas Lourdes sans avoir vu les fouilles du Béout dont on parle partout – Le spectacle le plus prodigieux !!! - Importante réduction pour groupes, militaires, enfants –Entrée gratuite à MM les Ecclésiastiques – A la gare supérieure : bar buffet. » Texte dithyrambique destiné vers 1970, aux pèlerins-touristes."

Il fallait bien vanter ainsi, le côté extraordinaire du site, face à la concurrence acharnée de son voisin, le Pic du Jer.

 

Historique du gouffre:
Un certain Monsieur Pèlerin (sic), devant le succès incontesté du funiculaire du Pic du Jer, construit à partir de 1898, après un accord de concession avec la ville, décida d’équiper de son côté, le mont du Béout (792 m), d’un téléphérique. Les travaux débutèrent vers 1930 pour se terminer en 1944. Le système du téléphérique était proche de celui du Plan Praz (1928) qui fut adopté en 1952, par le Val d’Isère. Si le Pic du Jer arborait fièrement une croix à son sommet, le Béout lui, sera surmonté d’une immense étoile éclairée par intermittence, la nuit. Avec 420 voyageurs (1) potentiels à l’heure, l’affaire pouvait être rentable (2). Mais cela ne satisfaisait pas son propriétaire. Il décida d’aménager le gouffre de 82 mètres, voisin de la gare supérieure. Après une demande de conseil à Norbert Casteret, et malgré le coût exorbitant du déblayage du puits, pratiquement colmaté depuis des millénaires, il engagea les travaux. En fait, il voulait profiter des grues et ouvriers qui terminaient la gare supérieure. Il fit extraire des tonnes de pierre et de terre pour atteindre les 60 mètres en 1939.

Lourdes-Beout-0149Les travaux interrompus par la guerre, reprirent après. Monsieur Pèlerin fit également creuser à flanc de montagne, un tunnel de 120 mètres de long pour arriver au fond de la cavité. Ce tunnel devait permettre aux touristes d’avoir accès au gouffre. Dans ce tunnel artificiel, fut exposé toutes les trouvailles récupérées lors du chantier. Ce qui permettait au guide, d’allonger la visite par un petit cours sur la préhistoire. L‘inventaire de ce matériel : haches, silex, outils etc., a été fait par Jacques Omnès archéologue. Voir plus avant.

Les visiteurs, après le Centenaire se firent plus rares ( 71 415 en 1964) et les normes de sécurité, plus draconiennes. En 2000, le Béout dut arrêter son exploitation. Les câbles furent démontés et la gare supérieure abandonnée. Le trou du gouffre fut fermé par une grille et l’entrée du tunnel par une porte blindée à la demande de la commune.

 

Richesse archéologique du gouffre:
Le gisement préhistorique inventorié par Jacques Omnès dans son ouvrage Préhistoire et protohistoire des Hautes-Pyrénées, 1987 page 117 et 118 indique un nombre certain de restes d’animaux : Renne, Cerf élaphe, Isard, Ours, Blaireau, Renard… Restes d’ « animaux souvent piégés »,

et « déchets culinaires. ». Des outils du néolithique : haches polies…, ainsi qu’une sépulture multiple.

A la fermeture du mini musée, notre archéologue, à la demande de la municipalité, a récupéré tout ce « matériel » pour le déposer au Musée Pyrénéen, où il se trouve actuellement, dans les archives.


Ci après coupe du tunnel –gouffre et proposition de balade. Hélas, je n’ai retrouvé aucune photo.
http://static.blog4ever.com/2009/09/353 ... 756188.pdf
http://www.ladepeche.fr/article/2003/08 ... Beout.html

(1) Cabine de 422 places avec 10 montées par heure.
(2) Le nombre de visiteur atteignit un pic de 112 390 visiteurs en 1958 (Centenaire).
Sources : Incidences économiques du fait de Lourdes. Mémoire Institut d’ Etudes Internationales, Jean Omnès, 1965. Guide des cavernes de Pierre Boulanger, N.E.L.,1970. Préhistoire et protohistoire des Hautes Pyrénées, inventaire, de Jacques Omnès, Association Guillaume Mauran, Société d’Etudes des Sept Vallées, 1987.

Jean Omnès