Mise à jour le Vendredi, 02 Décembre 2011 12:49 Jeudi, 28 Juillet 2011 13:10
L'église de Gavarnie
L’église est située en arrivant au village, sur la droite, le long de l’ancienne route de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est ce qu’il reste du prieuré des Hospitaliers, moines de Saint-Jean- de Jérusalem du XIIe siècle.
Ils s'étaient donnée pour but d'abriter les voyageurs, en contrôlant la route de Saint-Jacques au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 m.
L’église actuelle ou N.-D. Du-Bon-Port, date dans sa majorité du XIVe siècle ; la partie la plus ancienne est située dans la chapelle Nord.
L’interrupteur de la lumière est sur la droite. La statuaire rappelle l’importance des lieux pour les pèlerinages vers Compostelle. La statue polychrome de saint Jacques en costume de pèlerin est une reproduction. Ce qui n’est pas le cas des statuettes de pèlerins, près de l’entrée, qui sont du XVIIIe siècle. Dans la chapelle de gauche (la partie la plus ancienne), statue en bois polychrome de la Vierge du Bon Port du XIVe siècle ; elle bénit les pèlerins de sa main droite avec une gourde faite d’une coloquinte et retient Jésus sur son genou gauche. Le retable baroque à colonnes torsadées, avec frise en feuilles d’acanthe et coquilles Saint-Jacques est du XVIIe siècle. Pour les férus d’archéologie : à l’extérieur, vers la venelle située à l’ouest, base d’une ancienne tour carrée qui supportait l’ancien clocher-mur et l’enceinte d’un escalier à vis, éclairé par deux meurtrières. L’ensemble était certainement fortifié.
Les reliques:
La vitrine contenant les 13 crânes présentés comme ceux de Templiers, a été retirée. Ces derniers auraient été tués par des envoyés de Philippe le Bel, en 1307. Une nouvelle vitrine est en préparation.
Elle de devrait être exposée à l’office de tourisme. Mais l’on sait qu'il n'y a jamais eu de Templiers à Gavarnie mais seulement des Hospitaliers de Saint-Jean, mais la légende est restée. En 1952, dans la "Revue du Comminges" le fossoyeur de Gavarnie, qui assure l'entretien des crânes avait déclaré : "Quand ils sont trop vieux, nous les changeons ! (« Quoan soun trop bieils que lés cambian. »)
Les Hospitaliers avaient accumulé dans leur église une collection de reliques unique. L'inventaire qu'en a dressé, en 1710, le grand prieur de Toulouse, Pierre de Beaulac, et repris par l’abbé F. Marsan Revue des Htes-Pnées, 1910, p. 156.
comprenait :
- une fiole de lait de la Vierge
- un os du bras de saint Laurent
- du bois de la croix de Jésus-Christ
- du pain du miracle de la multiplication des pains
- du bois de la verge d'Aaron
- de la pierre de la table de la Cène
- un os du crâne et une dent de saint Jean Baptiste
- des ossements de sainte Madeleine
- du fer de la grille où saint Barthélemy
- deux petits bâtons de fer guérissant miraculeusement la rage des hommes et celle des bêtes.
Toutes ces reliques ont disparues.
Le cimetière :
à côté de l’église. Un peu triste et laissé à l’abandon, malgré le nombre important de personnalités qui y reposent. Les grands guides de Gavarnie : les Passet dont Laurent (1810-1864), Hippolyte (1813-1884), Henri (1845-1920) et le plus connu Célestin (1845-1917). Quelques tombes de Pyrénéistes : en sortant de l’église, au fond, à droite, celle de Jean Arlaud (1896-1938), médecin montagnard, fondateur en 1920 du groupe des « Jeunes » ; à côté, un rocher commémoratif aux nombreuses victimes de la montagne. Plus avant, la sépulture de l’abbé Gaurier, grand spécialiste des lacs et des eaux, initiateur du barrage d’Artouste, et celle de Diego Calvet (1898-1922) avec hommage du C.A.F. et l’épitaphe : « Des plus purs sommets, des montagnes les plus ardues dont il aimait les grands horizons et les dangers, il est parti vers les sommets éternels, n’ayant pas connu dans la vie, l’ombre de la vallée ». Un lieu si empreint d’histoire mériterait une meilleure présentation.
Jean Omnès


