Mise à jour le Mercredi, 05 Octobre 2011 15:07 Jeudi, 28 Juillet 2011 13:10
Villelongue - L’abbaye de Saint-Orens
L’abbaye de Saint-Orens : comptez quarante minutes de marche depuis la chapelle pittoresque du hameau d’Ortiac (très belle vue sur la vallée) situé au-dessus de Villelongue. La montée est sérieuse, pensez à vous équiper de bonnes chaussures. On peut approcher son véhicule de 500 m sur le chemin pastoral de Houré, jusqu’au panneau (vétuste) indiquant le sentier, sur la gauche, qui mène à l’abbaye. On rencontre une cavité dans une falaise, la grotte d’Aouradé, c’est là qu’aurait vécu l’ermite Orens. Après avoir traversé le ruisseau d’Isaby, on aperçoit sur un replat des pentes méridionales du pic de Nerbiou, les trois absides décapitées de l’église abbatiale de Saint-Orens. Le site est actuellement un peu abandonné.
L’abbaye, fondée au VIIIe siècle, est devenue prieuré au XIe. C’est le plus ancien lieu de culte du Lavedan. Il connut son heure de gloire du XIe au XII e siècle. C’est à ce moment que fut construite l’église romane et que s’installa l’ordre de Cluny. Cet ordre était rattaché au prieuré de Saint-Orens d’Auch. Un chapiteau très ouvragé, utilisé en bénitier à l’église d’Ortiac, donne une idée de sa richesse. L’abbaye sera abandonnée au XVIIIe siècle, vers 1720, après un déclin amorcé au XIIIe et un sérieux tremblement de terre en 1660. Tremblement qui démolit le cloître. Vendue comme bien national, elle a été utilisée en carrière de pierres.
Depuis 1974, elle a été réhabilitée par la dynamique Société d’Études des 7 Vallées qui l’a sauvée de la ruine totale, grâce à de nombreux bénévoles qui déblayèrent les ruines et à la main d’œuvre du régiment des premiers hussards de parachutistes de Tarbes qui entamèrent les premiers travaux de consolidation. Puis elle a été racheté pour un euro symbolique, par Laure Latanne qui s’est lancée avec son association, dans une longue et difficile restauration.
Petite histoire et légende :
Orens naquit vers 370 en Espagne (Huesca), comme Savin. Ses parents furent tous deux béatifiés. Sa mère, sous le nom curieux de sainte Patience. Afin d’éviter l’énorme héritage qui lui revenait à la mort de son frère aîné, il s’enfuit vers les Pyrénées pour s’établir en Lavedan. Il choisit le vallon d’Isaby pour étancher sa soif d’ascétisme et trouver de l’inspiration : il était poète. Il aurait construit le premier moulin à eau du Lavedan. Après de nombreuses mortifications et devant sa renommée d’homme pieux, il fut appelé vers 410 pour occuper le siège épiscopal d’Auch. Il hésita par humilité mais son bâton pastoral s’étant couvert de branches et de feuilles, il y vit un signe de Dieu. Il se rendit à Auch (Augusta) pour remplacer l’évêque qui venait de décéder. Plus tard, il sauva la ville de Toulouse des assauts du général romain Littorius. C’est du moins ce qu’en pensaient ses habitants (comme sainte Geneviève à Paris devant les Huns). Au XVIIe siècle (1609), ses reliques furent rendues à Huesca qui les réclamait. Il nous reste son poème Monitoire où il parle joliment des tentations qui se présentent au chrétien et qui sont autant d’obstacles à franchir pour son salut. Il fut canonisé à sa mort.
L’église de Villelongue abrite les reliquaires, bustes en bois doré du XVIIIe siècle, de saint Orens et de sa mère sainte Patience. Ils furent légués à l’abbaye lors de la translation des reliques d’Auch, où il termina sa vie, vers Huesca, sa ville natale. Les reliques à l’intérieur des bustes (cheveux, os et dent et bout de chaînette) furent volées vers 2006, probablement par des illuminés.
Jean Omnès


