Mise à jour le Jeudi, 28 Juillet 2011 12:49 Jeudi, 28 Juillet 2011 11:32
L’église ukrainienne
L’entrée est rue de l’Ukraine. Visible de loin avec ses dômes dorés, c’est l’église catholique (et non orthodoxe) de la diaspora ukrainienne. Construite en 1982, elle sert de symbole de renouveau à cette communauté si souvent persécutée. Fresques de style byzantin à l’intérieur. Elle est très visitée par les Britanniques.
Origine
Durant la seconde guerre mondiale, de nombreux ukrainiens luttèrent auprès des armées alliées. L’un d’entre eux, le père Vasyl Pryjma, officier, fit un vœu : il deviendrait prêtre s’il sortait vivant de la confrontation. Après son ordination aux Pays-Bas, il s’établit à Toulouse, où il eut la responsabilité des Ukrainiens uniates du Sud-Ouest. Il vint ensuite à Lourdes et trouva une atmosphère « en dehors du monde, si dévorante et absorbante », que ce lieu choisi par Marie devait l’être également pour l’Église uniate renaissante. Dès le début, les Ukrainiens obtinrent une chapelle à l’intérieur de la basilique du Rosaire. Devenue très rapidement trop petite, une chapelle plus grande s’imposait.
Le projet de construire une église à Lourdes pour la diaspora prit racine. C’est avec l’aide du père Paul Kohut, de l’Est de la France, que le père Vasyl Pryjma, engagea les travaux. Avec les dons de la diaspora, et des ouvriers bénévoles venus d’Alsace-Lorraine, ils purent mener à bien leur projet : recevoir les catholiques ukrainiens des pays de l’Est et surtout ceux disséminés dans toute l’Europe, aux États-Unis et au Canada. Ils ont si bien réussi que leur nombre ne cesse de croître dans la cité mariale.
L’église et son centre uniate
L’église dédiée à N.-D. de l’Assomption a été construite par l’architecte ukrainien Miroslav Daniel Nimciv. Elle fut consacrée le 28 août 1982, par le cardinal patriarche Joseph Slipyi et l’évêque coadjuteur du confesseur de la foi, Miroslav Lubatchevsky, assistés de Mgr Henri Donze, évêque de Tarbes et Lourdes. Vasyl Pryjma devint le premier prêtre. Le père Pierre lui succéda assisté par deux sœurs servantes de Marie Immaculée.
À cette église a été annexé un centre animé par une communauté de religieuses, chargé d’assister les pèlerins dans leurs besoins, ainsi qu’un foyer d’accueil avec des chambres modestes. L’intérieur possède des éléments distincts d’une église catholique romaine. Ce qui frappe dès l’entrée, c’est la présence d’une grille de bois séparant le cœur de la nef. Cette grille qui fait penser aux grilles en fer forgé des églises romanes, s’appelle chez les Uniates, une iconostase. Elle sépare le sanctuaire sacré, le Saint des Saints de la partie où se réunissent les fidèles. La différence, c’est qu’ici elle possède trois entrées. Les deux portes latérales ou portes des diacres, sont recouvertes d’icônes représentant saint Michel et saint Gabriel. La porte du milieu ou porte royale est plus grande. Elle est recouverte d’icônes représentant l’Annonciation et les quatre Évangélistes. Devant l’iconostase se trouvent la solea et une saillie en demi-cercle du nom d’ambon devant lequel est placé un mini-autel ou tétrapode. Celui-ci reçoit les icônes que viennent vénérer les fidèles. C’est devant ce tétrapode que se déroulent les services liturgiques : baptêmes, confirmations, mariages…
En sous-sol, de nombreux ex-voto rappellent l’importance des donateurs et bienfaiteurs de l’église lourdaise.
L’édification de cette église et surtout son aménagement intérieur ont fait découvrir aux Lourdais, l’art byzantin et celui des icônes, jusque-là, inconnus dans la région.
Jean Omnès


