Lourdes : Michel Rebollo, le « deus ex machina » de Jean-Pierre Artiganave candidat UMP aux Législatives

Vie politique - Législatives 2012

Après les ministres, Lefèvre, Mitterrand, Dati et l'ancien Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin qui était encore à Lourdes mardi dernier pour une réunion publique avec panel d'invités pour soutenir le candidat Jean-Pierre Artiganave, le dernier soutien de poids qui va faire la différence vient de sortir du chapeau deux jours avant le vote.

Il s'agit de Michel Rebollo, ministre des tampons, expert en démolition du patrimoine médiéval lourdais et accessoirement adjoint à l'Urbanisme d'une ZAC sous développée et mal inspirée.

Autour d'un texte nourri d'oxymores politiques*, il explique aux Lourdais, tout naturellement, qu'il votera pour Jean-Pierre Artiganave dimanche prochain après avoir apporté son suffrage à François Hollande lors des élections présidentielles. On savait que cet élu n'en était plus à une contradiction près, mais il faut avouer qu'il nous étonnera toujours dans sa manière de pratiquer et de concevoir la politique.

La Gauche Moderne, crypto parti dont les militants se rassemblent dans une cabine téléphonique, sert de coquille vide pour accueillir des ambitieux qui ne sauront jamais de quel bois sont fait leurs valeurs et leurs idées politiques. Michel Rebollo, responsable de la Gauche Moderne locale, reproche à François Hollande d'avoir construit un gouvernement qui « a exclu les centristes de droite et de gauche, ainsi que les personnalités de la société civile et a installé une cohorte d'apparatchiks ».

On a bien vu ce que représentait le centre lors des derniers scrutins en France, à peu près rien et à Lourdes encore moins.

La Gauche Moderne s'est constamment alignée sur les positions de l'UMP lors du mandat de Nicolas Sarkozy, au point de n'avoir pour les conseillers de l'Elysée, aucune utilité dans le potentiel élargissement de la majorité. Lors de son prochain congrès en 2012 à Mulhouse, ce micro parti intégrera la « gloutonne » UMP.

Il n'y a rien de choquant pour un adjoint au Maire de Lourdes d'appeler à voter pour son maire candidat, même si il n'est pas du même parti tant que l'on reste républicain. Les enjeux locaux, l'intérêt pour sa ville, la nécessaire cohésion d'une équipe sont de bonnes raisons pour dépasser ses convictions dans certains temps politiques. Mais la politique a aussi besoin de cohérence surtout dans ces moments où le troisième parti de France n'est autre que le Front National. Voter François Hollande le 06 mai 2012 et appeler à voter pour le candidat UMP un mois après, c'est-à-dire refuser de donner une majorité parlementaire au Président que l'on a souhaité, renvoi un message opaque sur la nature de ses convictions et son fonctionnnement politique. A force de jouer au billard à trois bandes, il arrive un jour où la boule tombe dans le trou et on ne la revoit plus.

La politique doit aussi être une affaire de logique intellectuelle basée sur des valeurs et une conception de la chose publique. Les Lourdais ne seront pas plus rassurés par un élu qui oriente sa barque en fonction du côté du vent. Voter pour le président Hollande et s'en détourner pour un intérêt personnel un mois après son élection, nous montre la solidité de ses convictions et la confiance qu'il inspire. Il ne faut pas s'étonner qu'avec de tels soutiens à géométrie variable, la gestion de la ville de Lourdes amène aussi peu de résultats depuis 10 ans. La cohérence des idées et des valeurs doit être le pendant de la cohérence des projets. C'est de cela dont on a besoin à Lourdes et les Lourdais le savent.

La politique peut aussi parfois se pratiquer dans l'élégance mais cette vertu a quitté depuis belle lurette les dorures de la Maison Rouge à Lourdes.

 

Frédéric Duplan

 

* : En rhétorique, un oxymore ou oxymoron, est une figure de style qui vise à rapprocher deux termes (un nom et un adjectif) que leurs sens devraient éloigner, dans une formule en apparence contradictoire. L'oxymore permet de décrire une situation ou un personnage de manière inattendue, suscitant ainsi la surprise. Il exprime ce qui est inconcevable. Il crée donc une nouvelle réalité poétique. Il rend compte aussi de l'absurde.
Ex : De grandes vaches se déplaçaient avec lenteur dans un silencieux tintement de clochettes

* Deus ex machina est une locution latine signifiant « Dieu issu de la machine ».
Elle est surtout employée dans le vocabulaire théâtral au sujet d'une personne qui arrive, d'une façon impromptue, à la fin de la pièce et par qui le dénouement s'effectue. L'expression existait déjà dans le théâtre grec , pour désigner un mécanisme servant à faire entrer en scène une ou des divinités pour résoudre une situation désespérée. L'expression peut être étendue à toute résolution d'histoire qui ne suit pas la logique interne du récit mais permet au dramaturge de conclure sa pièce de la manière qu'il désire.
Wikipédia.



Ajouter cette page à vos favoris
synthroid buy