Législatives 2012 : entre bilan national et perspectives locales

Les Français viennent donc de décider de donner une majorité confortable à François Hollande pour qu'il puisse mettre en œuvre son programme.

Avec 314 députés, le PS et ses alliés ont la majorité absolue (289 députés). Europe Ecologie les Verts, avec 17 élus, va créer son premier groupe à l'Assemblée Nationale, les Communistes, avec 10 députés, ainsi que le Parti Radical de Gauche (PRG) avec 13 élus, devraient aussi pouvoir créer un groupe à part entière. En effet, comme l'a évoquée Martine Aubry dimanche soir, la nouvelle Assemblée devrait voter l'abaissement du nombre minimum d'élus pour faire un groupe de 15 à 10.


L'UMP limite la casse.
Si cette séquence d'élection permet donc à la gauche de détenir l'Assemblée et l'Elysée, il ne s'agit pour autant pas d'une vague rose.

L'UMP conserve son socle et ses plus éminents représentants ont gardé leur siège, de Copé à Bertrand par exemple, en passant par Woerth. Les parachutages de Ségolène Royal, Jack Lang, Claude Guéant ont échoué, ce qui montre bien à quel point les élus issus des systèmes et posés par les instances suprêmes ne résistent pas à la volonté des militants locaux.

 

Le front National n'atteint pas son objectif.
L'objectif du Front National de faire exploser l'UMP n'a pas non plus été atteint.

Ce parti, qui avait fait plus 6.4 millions de voix à la Présidentielle, ne place que 2 députés au Palais Bourbon : le tribun Maître Collard et la benjamine de l'Assemblée, Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, petite fille de Jean Marie le Pen et nièce de Marine le Pen. Ces deux têtes de pont du FN ne vont pas manquer d'occuper l'espace médiatique dans les années à venir et les analystes regarderont avec attention comment ils se comporteront dans l'antre de la République.

 

 

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Le match lourdais.
Au niveau départemental, la gauche a raflé haut la main les deux sièges avec Jeanine Dubié et Jean Glavany. Les victoires sont nettes et sans bavure comme on s'y attendait.

Le seul enjeu était la ville de Lourdes, où son maire candidat, a été battu sévèrement par la candidate PRG qui arrive en tête de plus de 300 voix.

Les reports ont très bien fonctionné pour Jeanine Dubié avec plus de 800 voix gagnées par rapport à son score du premier tour. Comme nous l'avions annoncé dans notre article sur les résultats du 1er tour, Jean-Pierre Artiganave ne disposait pas d'une réserve de voix très sûre à droite entre le Front national, le Modem et les petits candidats qui se sont éparpillés entre les 2 candidats, ou chez les abstentionnistes du 2° tour. Malgré cet échec patent, il serait péremptoire de conclure à un basculement de l'électorat de Lourdes sur sa gauche.

Le taux d'abstention de plus de 40 %, un vote frontiste aux alentours de 12 % et la singularité de chacun des scrutins ne peut nous faire conclure qu'à une seule chose : à Lourdes, les deux blocs gauche /droite trustent 40 % des suffrages et sont à égalité, la gauche a comblé son retard sans pour autant passer en tête.
 

Pour les leaders politiques locaux de la gauche, Thiery Lavit PRG et Alain Garrot PS, même si le résultat est encourageant, il est difficile se projeter vers les municipales de 2014 tant ce type d'élection relève autant de la rencontre d'un homme, d'une équipe, d'un projet, que de la couleur que l'on porte. Les deux leaders ont insisté sur la nécessaire union de la Gauche, associée à la Société civile pour remporter la Mairie de Lourdes autour d'un programme cohérent, pragmatique qui servira Lourdes et les Lourdais.

La sérénité et l'engagement sont apparement de rigueur à Gauche pour  les  prochaines échéances.


Messieurs Artiganave et Trémège se disputent l'UMP départemental.
Les soirs de défaite sont toujours difficiles quel que soit les camps. Hier, la déclaration de Jean-Pierre Artiganave (à lire sur notre site : http://www.lourdes-actu.fr/actualites/actuslocales/5275-jean-pierre-artiganave-demande-la-demission-de-gerard-tremege-) a quelque peu surpris les observateurs.

Le secrétaire départemental de l'UMP a attaqué Gérard Trémège qui n'a pas manqué de lui répondre chez nos confrères de la Dépêche du Midi : « Je confirme que je suis très attaché à ma ville, que je préfère le travail quotidien au service de mes concitoyens à la politique politicienne. M. Artiganave dégaine un peu vite. Il ferait mieux de réfléchir au résultat de sa ville et de se demander s'il ne devrait pas, lui aussi, préférer sa ville à son parti. Pour ma part, j'aviserai en fonction de ce qui se passera au niveau national. Je réunirai le millier de militants de l'UMP le moment venu pour qu'ils se prononcent. Mais ce n'est sûrement pas sous les injonctions de M. Artiganave et de son directeur de cabinet que les choses se décideront. Il faudra d'ailleurs clarifier le rôle de chacun. M. Artiganave a beaucoup de qualités mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas fait œuvre d'activisme comme secrétaire départemental. J'apprécie sa courtoisie, il n'a même pas pris la peine de me téléphoner. Qu'il ait de l'amertume, cela peut se comprendre. Pour ma part, je n'en ai point à l'égard de personne. Il faudra que M. Artiganave apprenne à se tanner le cuir (propos issus de l'Edition en ligne de la Dépêche du Midi)».
La guerre est donc ouverte entre les deux maires sous couvert de règlement de compte avec, comme aiguillon, le directeur de cabinet de la Mairie de Lourdes, Serge Labordère qui n'est autre que l'ancien chef de cabinet de Gérard Trémège au début des années 2000. Nous ne sommes pas non plus dupes des gesticulations sémantiques des deux idylles de Lourdes et Tarbes qui, en se mettant en scène de la sorte, ouvrent un contre feu politique censé faire oublier les cendres de l'UMP départemental après cette série d'élections.
On y voit aussi un moyen pour le maire de Lourdes d'exprimer sa volonté de rester en vie politiquement « Que ceux dont je suis, qui en ont l'ambition, organise la reconquête. Notre combat continue et il commence demain ", c'est à s'y méprendre une déclaration de campagne pour 2014... L'actuel maire de Lourdes se voit donc désormais dans l'obligation de réagir dans sa ville pour retrouver sa légitimité et sa crédibilité.

Au-delà des paroles, la politique est aussi une affaire d'actes, il lui reste 18 mois.

F.Duplan.

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